A 50 ans, ré-appendre à faire du foin

Jean Paul Bouveresse, éleveur à Epenoy, a investi depuis le printemps 2013 dans un séchage solaire. L’arrivée de ce nouvel outil sur l’exploitation a fait émerger chez l’éleveur de nouvelles questions sur les pratiques de séchage du foin. Le séchage solaire est encore très peu répandu dans les exploitations. Les éleveurs partent un peu dans l’inconnu. Nous avons recueilli son premier ressenti après la mise en route d’un tel outil.

Mieux valoriser les fourrages

« Je veux montrer qu’il est possible de respecter le cahier des charges et produire du lait par vache ». L’éleveur cherchait à utiliser au mieux le potentiel génétique de son troupeau laitier. Pour lui, « c’est comme si j’avais une Ferrari et que je ne pouvais pas rouler au-delà de 50km/h ». Depuis plusieurs années, Jean Paul Bouveresse fait parti des élevages les mieux indexés en ISU au sein de la race montbéliarde. Il fallait valoriser au maximum la qualité génétique du troupeau tout en respectant l’état d’esprit des filières AOP. Distribuer moins de 1800 kg de concentré par vache et maintenir un bon niveau de production, cela sous entend une très bonne valorisation de la ration de base.

EARL BOUVERESSE JEAN PAUL

Main d’œuvre : 1 UTH (Bouveresse Jean Paul) + 1 salarié

75 hectares

253 000 litres de quota transformés en Comté et Morbier à la COOP des Premiers Sapins à Epenoy

8 000 kg de lait par vache à 39,6 de TB et 33,2 de TP

1 700 kg de concentré par vache et par an

Un nouvel outil à maîtriser

La mise en route du système de séchage à un peu bousculé les habitudes. « Je dois opérer un changement culturel par rapport à cet outil de production ». Les travaux dans la grange se sont terminés 3 jours avant que la première auto chargeuse ne soit déchargée. Jean Paul n’était pas encore très sûr de son installation.

Au cours des récoltes de cet été, l’éleveur a opéré plusieurs changements de pratiques pour optimiser le système. Après un premier test il préfère désormais ne plus conditionner le foin lors de la fauche. Le nombre de passages de faneuse a été diminué. Il a également remarqué qu’il ne fallait pas stopper la ventilation plus de trois heures, sans quoi, le foin se tasse et commence légèrement à chauffer. 

De nouvelles question se posent

Une question s’est posée lors de la collecte du regain cet été. Il y a eu une semaine complète de beau temps pour faucher et rentrer le regain.  Alors, « fallait-il le laisser dehors un jour de plus et passer un coup de faneuse supplémentaire, ou bien le rentrer un jour plus tôt malgré le beau temps et utiliser de l’électricité en plus ? ». Par ailleurs, l’éleveur tend à améliorer la qualité des sols pour favoriser la flore, grâce au système d’ACTISOL. Cela permet de faire pénétrer l’eau, l’air et la chaleur. Cet outil, d’après l’éleveur, améliorerait le rendement des fourrages. Il s’interroge sur l’évolution de flore que cela pourra engendrer.

Enfin, Jean Paul projette de mettre en place 5ha de mélange luzerne, dactyle et trèfle. Cela permettra de valoriser encore plus son séchage et va dans le sens d’une meilleure autonomie en protéine.

 

L’éleveur n’a aujourd’hui pas assez de recul pour mesurer l’ensemble des conséquences de la mise en place du séchage solaire. Ses premiers effets seront certainement quantifiés au cours de ce premier hiver.

Les conseillers de l’équipe d’Avoudrey



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