AdMIRez la goutte de lait !

Connaitre la composition fine d’un échantillon de lait mais également l’état de santé ou le statut physiologique de la vache en une seule analyse ? Un objectif plus si utopiste que ça compte tenu des avancées des projets PhénoFinLait et OptiMIR.

La carte d'identité du lait

Le spectre MIR d’un échantillon de lait obtenu lors du contrôle laitier, renseigne sur son taux protéique et butyreux. Mais sommes-nous capable d’aller plus loin ? Les résultats du programme français PhénoFinlait le prouvent : nous sommes aujourd’hui en mesure de connaitre le profil en acides gras et en protéines du lait par le MIR. Le spectre MIR permet donc d’estimer la composition fine du lait en une seule analyse, rapide et de coût modeste. Autre avantage, tous les spectres obtenus par le contrôle laitier sont stockés. Cette base de  données constitue une source importante d’information sur les animaux.

Le spectre « MIR » du lait, c’est quoi ?

C’est le résultat d’une analyse réalisée en routine pour tous les échantillons de lait collectés dans le cadre du contrôle de performance. En pratique, chaque échantillon passe sur un spectromètre qui mesure la quantité de lumière absorbée à une longueur d’onde donnée. Pour chaque échantillon cette mesure est répétée à 1060 longueurs d’onde différentes. Le résultat peut être illustré par le spectre « MIR » du lait. 300 échantillons sont analysés par heure, et ce pour un coût modeste.

PhénoFinLait, la composition fine par le MIR

Le programme PhénoFinLait a utilisé ce principe de stockage des spectres pour connaitre la composition moyenne du lait de Montbéliarde à l’échelle nationale. Ils ont fait parler plus de 69.000 spectres. La montbéliarde produit un lait plus riche en acides gras insaturés que les deux autres grandes races laitières. Une caractéristique positive puisque ces acides gras sont plus bénéfiques pour la santé humaine que les saturés.

Le programme a également permis de développer des équations permettant de connaitre le profil en protéines. Le programme a également démontré que la part de la génétique dans la variabilité de la composition en protéines était importante et que la sélection génétique pouvait influencer la composition protéique des laits. C’est une réelle avancée notamment dans le contexte franc-comtois et sa vocation fromagère.


Figure 1. Les spectres MIR du lait, une mesure de l’absorption de la lumière par l’échantillon à 1060 longueurs d’ondes

Tableau 1. Quantification des acides gras des trois grandes races laitières (% AG totaux)


OptiMIR, un programme européen

Peut-on prédire si une vache est gestante à partir du spectre ? Peut-on savoir si elle est en acétonémie ? C’est tout l’objet du programme de recherche européen OptiMIR dans lequel s’investit grandement Conseil-élevage. La première étape de ce projet à été de mettre en commun les bases spectrales européennes permettant de fournir une quantité importante de données pour alimenter les modèles.

Depuis, les avancées du projet sont notables, notamment sur le volet visant à déterminer un risque d’acétonémie par le lait. La prédiction de la fertilité par le spectre nécessite encore des investigations supplémentaires mais les premiers résultats sont encourageants. Dans tous les cas, ce projet à posé les bases d’un partenariat européen durable puisque les différents contrôles laitiers souhaitent continuer leur collaboration au-delà de ce projet !

Le lait se révèle être une source d’information très importante et le spectre MIR du lait nous permet d’interpréter ces informations. Au travers de deux projets de recherche, conseil élevage souhaite approfondir les potentialités de cette méthode et continue de s’investir pour fournir de nouveaux outils pour les éleveurs de la zone. Le spectre MIR pourra t’il prédire la fromageabilité du lait ?  Conseil élevage 25-90 y croit, une affaire à suivre.

Valérie WOLF

Encadrement

Figure 2. Le spectromètre permet d'obtenir pour chaque échantillon, le spectre du lait.



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