Comment bien s’organiser pour valoriser l’herbe ?

Les prairies et le pâturage constituent le socle des systèmes de production laitière durables. L'herbe pâturée reste l'aliment le moins onéreux pour nourrir les vaches laitières. Le pâturage contribue à limiter les risques environnementaux.  Il  apporte un élément de réponse à la demande croissante des consommateurs pour un retour à des méthodes de production plus « naturelles » et renforce le lien entre produit et terroir. Des études menées récemment prouvent même que le pâturage a un impact positif sur la qualité nutritionnelle du lait et de la viande.

Plusieurs façons de pâturer

Plusieurs systèmes de pâturage existent. A vous de choisir entre le pâturage au fil, tournant ou libre. Chacun de ces systèmes, s’ils sont maîtrisés peuvent conduire à de bonnes performances, mais ils ont chacun leurs limites et avantages. Pour mieux valoriser l’herbe et éviter le piétinement, le pâturage tournant reste la solution la plus conseillée. Il peut s’agir d’un pâturage tournant dit « classique » lorsque le temps de présence des animaux sur une parcelle n’excède pas 2 ou 3 jours, ou « simplifié » lorsqu’il atteint 8 à 10 jours par paddock. C’est ce type de conduite qui permet de s’adapter le plus facilement aux aléas climatiques en cours de saison tout en minimisant la charge de travail. Le principe consiste à ajuster la surface pâturée en débrayant ou en intégrant des parcelles en fonction de la pousse.

Le parcellaire, un atout ou une contrainte

Dans l’objectif de minimiser les zones de piétinement, la forme des paddocks doit autant que possible se rapprocher d’un carré. Selon le potentiel de production de vos prairies, la surface des parcelles devra être comprise entre 1,2 et 1,5 ares par vaches et par jour de présence dans la parcelle.

L’accessibilité des parcelles autour du lieu de traite est un élément clé. Sur ce point, tous les élevages ne sont pas égaux. Certains parcellaires se prêteront naturellement mieux au pâturage que d’autres… Des travaux de drainage, des échanges de parcelles ou l’aménagement de chemins peuvent cependant contribuer à améliorer l’accessibilité.

Piloter son pâturage

La conduite du pâturage est souvent vécue comme une contrainte face à la gestion de l'incertain (croissance de l'herbe, conditions de pâturage, performances du troupeau, météo ). L'éleveur doit sans cesse observer, réfléchir, anticiper, s'organiser pour gérer l'offre et la demande d'herbe. Sans oublier une règle d'or : au pâturage c'est l'éleveur qui décide … et pas le troupeau.

Tournant

Continu

Rationné (ou au fil)

Intérêts

- Valorisation optimale de la pousse de l'herbe

- Meilleure adaptation aux aléas climatiques

- Débrayage possible de parcelles pour la fauche

- Troupeau plus calme et système plus adapté en grand troupeau

- Amélioration de la flore et présence de moins de refus

- Travail simplifié

- Moins de piétinement

- Permet de bien gérer l'herbe

- Limite le gaspillage

- Peu de variation de la production laitière

Limites

- Nécessité d'un parcellaire regroupé proche du bâtiment

- Aménagement du parcellaire

- Variation plus importante de la production laitière

- Système difficile à gérer au printemps suivant la pousse de l'herbe

- Risque de zones préférentielles ou sous-exploitées

- Gestion des refus

- Système exigeant en travail

- Difficile à gérer en période pluvieuse, accentué en grand troupeau

- Temps de repousse absent ou limité ( sauf si fil arrière )

La gestion de l’herbe nécessite aussi le développement de compétences et d'outils d'aide à la décision simple qui doivent permettre de prendre les meilleures décisions au cours de la saison de pâturage. L'éleveur dispose de moyens et de méthodes (calendriers des événements, fertilisation, complémentation alimentaire,...) et aussi de références et d'outils ( météo de l'herbe, herbomètre, formation, … ) pour gérer son système.

Les conseillers de l'équipe de FRASNE


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L'herbomètre permet d'objectiver les quantités d'herbe offertes



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