Cultivons l’herbe : le sol, la prairie et la vache

La journée technique organisée par le groupe Herbe de Franche-Comté le 11 avril 2017 au GAEC des fils d’Arsene Cuinet à Tarcenay a eu un franc succès avec 212 participants dont une centaine d’éleveurs. La journée a débuté par un apport de connaissances sur la prairie permanente avec une intervention en salle de Didier Deleau de l’institut Arvalis, suivi par une présentation sur les prairies temporaires multi espèces par Patrice Pierre de l’Institut de l’Elevage. Ces interventions sont très adaptées au contexte régional puisque la surface en herbe de Franche-Comté représente environ 73% de la SAU dont 80% de prairies permanentes.

Prendre soin des prairies permanentes

Avant toute intervention, le premier réflexe doit être de réaliser un diagnostic de la prairie : quelle composition floristique trouve-t-on ? Celle-ci dépendra du milieu naturel (altitude, humidité, acidité, …) et des pratiques agricoles (fertilisation, date de fauche, interventions mécaniques, pâturage). Des plantes indicatrices permettent notamment d’obtenir des informations sur :

  • L’acidité du sol (rumex, fougère aigle en sols acides),
  • L’hygrométrie (renoncule, joncs en sols humides),
  • La compaction (pissenlit en sols compactés),
  • La fertilisation (orties et chiendent en cas de sur-fertilisation, marguerite et centaurée si peu de fertilisation)
  • Le niveau d’exploitation (plantain et brome si exploitation extensive, pissenlit et pâquerette si exploitation intensive)

Une fois ces données en main, l’éleveur saura quels moyens mettre en œuvre afin d’entretenir au mieux sa prairie.

Améliorer la qualité de l’herbe par les pratiques

Didier Deleau a rappelé que l’herbe est le premier levier d’une exploitation pour atteindre l’autonomie fourragère. Plusieurs moyens sont possibles afin d’optimiser la conduite des prairies permanentes : la gestion du pâturage, la fertilisation, le chaulage et l’entretien mécanique.

La gestion du pâturage est l’un des premiers facteurs qui impacte sur la qualité et la productivité des prairies. Il faudra être attentif aux conditions de portance du sol, à la hauteur et à la croissance de l’herbe. Mr Deleau conseil de sortir les animaux le plus tôt possible au printemps jusqu’au plus tard possible en automne, ceci dans un souci d’efficience économique du système d’exploitation. Il est rappelé que l’herbe est un aliment de qualité à condition de ne pas sur ou sous pâturer (pâturer entre 12 et 5 cm de hauteur d’herbe).
Le raisonnement de la fertilisation est un second facteur permettant le maintien ou l’amélioration de la prairie. L’azote favorisera les graminées au détriment des légumineuses. Mr Deleau préconise d’épandre peu mais régulièrement. Le chaulage peut se révéler nécessaire. Un bon pH de sol ne doit pas descendre en dessous de 5 mais ne doit pas forcément être égal à 7. En cas de pH trop faible, la solubilité de l’aluminium augmente, ce qui risque de faire disparaître certaines espèces de graminées comme le Ray Gras ou encore le Dactyle. En cas de pH trop faible, le fumier et le lisier ont un effet alcanisant et non acidifiant comme on peut leur reprocher à tort.





Retrouvez les supports de la journée en suivant les lien suivants :

- conduite et entretien des prairies permanentes (Didier DELEAU - Arvalis)
- diversifier vos prairies (Patrice PIERRE IDELE)



Le groupe herbe de Franche-Comté
regroupe : 
la Chambre Régionale d’Agriculture, les Chambres Départementales d’Agriculture 25-90, 39, 70, le Contrôle Laitiers 25-90, Jura Conseil Elevage, Haute-Saône Conseil Elevage et Interbio FC.


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Enfin, Didier Deleau rappelle que la scarification permet l’aération du sol même si le meilleur agent pour cette tâche reste le vers de terre. La fauche des refus est quant à elle nécessaire mais ne doit pas être trop fréquente. Si c’est le cas c’est qu’il est nécessaire de corriger ses pratiques de gestion du pâturage.

Choisir la bonne association d’espèces

Patrice PIERRE (IDELE) est ensuite intervenu sur le thème de la prairie temporaire multi-espèces. Une prairie multi-espèces se définit comme une prairie temporaire composée d’au moins 3 espèces de 2 familles différentes, le plus souvent des graminées et des légumineuses[1].

La sélection des espèces qui composent le mélange se fait dans un souci de recherche de productivité, de qualité, d’appétence, de facilité d’implantation, d’aptitude au séchage, de résistance au climat, … La sociabilité est également un critère à prendre en compte.

Le choix ensuite plus particulier à une situation dépend des types de sol rencontrés, du type d’exploitation prévu (pâturage / Fauche ou mixte), du temps d’implantation prévu. Les comportements des espèces diffèrent dans le temps, certaines pourront se montrer très agressives la première année après implantation puis s’effacer les années suivantes. Un outil de décision au choix variétal existe en ligne en suivant le lien : http://www.herbe-book.org/.

Réussir l’implantation des prairies multi-espèces

Le lit de semence doit être le plus fin possible : « il doit être possible de rouler dessus en vélo ». Il faut être attentif à ne pas semer les graines trop profondément. A la première année d’implantation il existe une forte concurrence entre les espèces annuelles. Les graminées s’imposent avec le temps au détriment des légumineuses. P. Pierre conseil d’alterner entre fauche et pâture au fil des années afin de maintenir un équilibre entre les espèces.

L’après-midi s’est ensuite poursuivie par une visite sur l’exploitation du GAEC des fils d’Arsene Cuinet avec trois ateliers différents proposés : le fonctionnement du sol sous prairie (par C. Barnéoud de la Chambre Régionale d’Agriculture BFC), l’entretien de surface des prairies (par D. Deleau et P. Pierre) et bien valoriser l’herbe produite par les prairies (par le groupe herbe de Franche-Comté).

Pascal MERCIER, Nicolas GAUDILLIERE
Encadrement



Pierre-Emmanuel Belot, l'animateur du groupe herbe de Franche-Comté a introduit la journée

Atelier "Bien valoriser l'herbe produite par les prairies"





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