Fourrages 2016 : comment s'adapter ?

L'année fourragère 2016 a été particulièrement difficile à gérer. Après un printemps très humide qui a retardé la date de fauche des premières coupes, l'été s'est révélé plutôt sec. Résultat : la qualité des fourrages n'est globalement pas au rendez-vous. 

Foin 2016 : un fort déficit en azote soluble

Les conditions météo du début d’été n’ont pas permis une récolte à un stade végétatif précoce. Le déficit d’ensoleillement important et les fortes précipitations au printemps, n’ont pas garanti des valeurs de fourrages de grande qualité…

Pour ce qui est des foins, les valeurs moyennes analysées tournent autour de 34 % de cellulose brute et 7,5% de Matières Azotées Totales (MAT) soit une augmentation de 2 % de la cellulose et une perte de 1,3 point de MAT par rapport aux analyses de l’année passée. Le niveau correct en sucres solubles et la bonne digestibilité de la cellulose permettent néanmoins de conserver une valeur énergétique des foins dans la moyenne de ces dernières années (autour de 0,65 UFL/kg de MS).

Plus que jamais, ces valeurs moyennes cachent de grosses disparités en fonction de l’altitude. En analysant les résultats par tranches d’altitudes, on ne retrouve quasiment aucun foin à plus de 8% de MAT en dessous de 800 m ! En plaine (<600m), les valeurs moyennes sont comprises entre 5,5 % et 6,5% de MAT et le niveau de cellulose brute est proche de 35%. Au contraire, au-delà de 800m, la valeur azotée moyenne de 8,5 % (soit 0,3 de moins qu’en 2015) et la valeur en cellulose brute sont plus que correctes (32%).

Que faire pour cet hiver ?

D’après les premiers retours des secteurs de plaine et malgré des valeurs assez faibles, l’appétence des foins semble moins altérée qu’en 2007. Cette année-là, les conditions météo avait également été très humides au printemps.

Avec des foins très fibreux et plutôt pauvres en PDIN (55 g/Kg de MS), il faudra complémenter avec des concentrés riches en énergie et en azote rapidement fermentescible. Cela, pour permettre aux animaux de digérer ces fourrages plutôt grossiers. On privilégiera donc l’utilisation de tourteaux de colza et de soja et on pourra incorporer un pourcentage un peu plus important d’orge, de blé et de triticale.

Pour les secteurs de montagne, les valeurs restent proches de l’année dernière, on pourra donc essayer de viser un optimum économique en valorisant au mieux la ration de base.

Pour les rations maïs, le taux d’amidon plus élevé rend la ration plus acidogène, veillez à favoriser l’ingestion de foin (riche en cellulose). Les ensilages d’herbe étant eux aussi moins riches en azote cette année, la complémentation azotée sera à piloter en fonction des bouses et du taux d’urée.

Regain 2016 : de bonnes conditions de récolte et de très bonnes valeurs alimentaires

Comme l’année dernière, on retrouve des valeurs de regains et 3ème coupes excellentes, avec en moyenne à 0,81 UFL et 16,8 % de MAT par kg de MS. Les valeurs de ceux-ci ne descendent pas en dessous de 13,5 % de MAT même pour des regains faits à 55 jours de repousse. C’est plus la quantité qui sera problématique pour caler les rations cet hiver car peu d’éleveurs possèdent le stock suffisant pour en distribuer plus de 4-5 Kg par vache et par jour.

Maïs ensilage 2016 : des premiers résultats encourageants

Les conditions climatiques de la fin d’été ont permis aux plantes de rattraper le retard pris au moment des semis, les rendements et la qualité des épis ont donc été, pour la plupart des éleveurs, au rendez-vous.

Les résultats des premières analyses montrent que comme les foins, les plantes ont plus difficilement fixé l’azote cette année. On retrouve une valeur en MAT de 7,5 %, 1 point en dessous de 2015. En revanche, le pourcentage en amidon semble plus élevé avec des valeurs oscillant entre 30 et 33 %, soit en moyenne 5% de plus que l’année dernière. Le taux de cellulose étant quasiment identique à 2015 on retrouve des maïs avec des valeurs autour de 0,95 UFL et 46 g de PDIN/kg de MS.

Attention néanmoins au taux de matière sèche (MS) des maïs récoltés. Les températures plutôt douces pour la saison au moment des récoltes ont fait évoluer le taux de matière sèche très rapidement. En moyenne sur les analyses réalisées, les taux de matière sèche varient de 31 à plus de 40 % de MS.

Raphaël THIEVENT
Conseiller remplaçant

Quelques résultats : 

  • valeurs alimentaires des foins :

  • Valeurs alimentaires des regains :


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