Journée technique du Groupe Herbe Franche-Comté : les ateliers

Aménagements parcellaires : investir pour pâturer plus 

Hervé BOLE au micro, du GAEC BOLE-SENOT

Depuis de nombreuses années, le GAEC Bole-Senot ainsi que le GAEC de la Mouttote devaient faire traverser leur troupeau sur la RN83 pour accéder aux pâtures. Compte-tenu des risques (passage de 15'000 véhicules par jour), le projet de réalisation d’un boviduc était souhaité depuis longtemps par les exploitants. Le projet a finalement abouti en 2017. Pour réaliser le boviduc, la circulation de la RN83 a été alternée pendant environ 1 mois. Le boviduc, complété par des échanges fonciers, permet maintenant aux vaches des deux exploitations d’accéder aux parcelles en passant sous la route, en toute sécurité.  En plus de cela, 600 mètres de chemin ont été aménagés depuis les exploitations. La largeur du chemin, le revêtement, la pente ainsi que les écoulements d’eau ont été réfléchis pour assurer le bon déplacement du troupeau et la pérennité du chemin. Ce dernier sert également à d’autres utilisateurs (randonneurs, cycliste, voisins) grâce aux passages canadiens installés. Concernant l’accès à l’eau, le GAEC Bole-Senot a installé des conduites depuis la ferme jusqu’aux pâtures. Les haies présentes au niveau des parcelles permettent aux vaches de s’abriter du vent, de s’ombrager mais elles présentent également un réel intérêt pour la biodiversité en permettant à la faune de circuler mais aussi en étant source d’alimentation pour les abeilles.

Affouragement en vert : attention aux dérapages sur les coûts 

Florian ANSELME au micro, de Eva Jura
La croissance de l’herbe varie au cours de la saison (avec un ralentissement à partir de juin) mais aussi selon le type de sol. Les conditions climatiques ou les ressources d’une exploitation peuvent donc mener à des surplus ou manques d’herbe.

L’affouragement en vert a été abordé dans cet atelier selon deux scénarios. Le premier était l’utilisation de l’affouragement en vert dans une exploitation possédant suffisamment de surfaces dans scénario intitulé « complaisance et de productivité ». Le second scénario présentait le cas d’une exploitation utilisant l’affouragement en vert en raison d’une surface limitée de pâtures. Les scénarios présentaient les dépenses engendrées par l’affouragement en vert : coûts de semis, fertilisation, auto chargeuse. Les gains étaient également présentés : productivité laitière. Dans le premier scénario, l’utilisation de l’affouragement en vert représentait au final une perte économique de 3000€ à 7000€. Dans le deuxième scénario, il était un peu plus avantageux de complémenter avec du foin plutôt qu’avec l’affouragement en vert. Les chiffres présentés ne sont pas gravés dans le marbre mais doivent permettre à chacun de s’interroger sur le « besoin d’affouragement » de son exploitation, le coût de l’investissement et de l’utilisation que cela représente et la durée moyenne de la période nécessitant cette complémentation. L'herbe affouragée en vert coûte 144€/t de MS contre environ 20€/t de MS pour l'herbe pâturée.

Dans l’atelier, la diversité spécifique des prairies était également abordée. Les valeurs nutritives diffèrent selon les espèces, le stade d’utilisation. Les prairies temporaires seront plus précoces avec de fortes valeurs UFL mais une chute plus rapide. Elles présentent donc moins de souplesse d’exploitation. Une prairie possédant de nombreuses espèces aura un rendement absolu plus faible mais sera plus stable au cours de l’année, ce qui permet une meilleure souplesse d’exploitation, et une meilleure résilience face aux conditions climatiques. Sur une exploitation, il est donc important d’utiliser de façon complémentaire des prairies plus productives et des prairies conciliant intérêt agronomique et environnemental.

Gestion du pâturage : l'art du pâturage est dans l'anticipation 

Nicolas GAUDILLIERE au micro, de Conseil Elevage 25-90
Les analyses d'herbe réalisées par le groupe herbe de Franche-Comte prouvent que l'herbe pâturée est un aliment de bonne qualité quelle que soit la saison. Malgré les idées reçues, les valeurs alimentaires moyennes de l'herbe au bon stade "feuillu" reste élevées, même en été et en automne, à condition de maîtriser la hauteur de l'herbe. Lorsque celle-ci augmente, le rapport tige sur feuille augmente et la digestibilité dimunue. 
Tout le challenge de la gestion du pâturage, c'est de maîtriser le stock d'herbe disponible sur ces parcelles tout au long de la saison. C'est un réel savoir faire de l'éleveur qui nécessite de l'anticipation et des observations régulières de l'état des parcelles. 
L'herbomètre est un outil qui permet l'évaluation du stock d'herbe et des outils d'aide à la décision sont aujourd'hui disponible pour accompagner les éleveurs au cours de la saison de pâturage. En Franche-Comté, l'outil Herb'aVenir est diffusé par les organismes partenaires du groupe Herbe. Plus récemment, les Entreprises de Conseil Elevage ont développé une application web accessible depuis Synest. 
Anthony SAGE, associé du GAEC DE LA MOUTOTTE, utilise un herbomètre depuis 2 ans. "J'ai mesuré l'herbe tous les 15 jours l'année dernière, je vais essayer de le faire toutes les semaines cette année. Cela me sert pour savoir combien de parcelles je dois débrayer au printemps pour ne pas me faire déborder par l'herbe". 

Lucie CHEVASSUS

Apprentie Ingénieur


















Accueil » Les échos du terrain » Journée technique du Groupe Herbe Franche-Comté : les ateliers