L'après quota en Franche-Comté

Un colloque organisé par les Chambres d’Agriculture de Franche Comté et l’Institut de l’élevage s’est tenu à Dannemarie sur Crête le 26 Novembre dernier sur le thème de « l’après quota ». Cette journée était l’occasion de présenter les productions d’un travail national de 3 ans, « Flexi-sécurité ». L’objectif : donner aux éleveurs laitiers les clés pour raisonner leurs volumes de production dans ce contexte nouveau où les quotas n’existeront plus.

« On a la chance d’être dans un bassin laitier dynamique », a introduit Sylvain MARMIER (Chambre Régionale d’Agriculture de Franche Comté). Dans quel contexte produiront les éleveurs laitiers de demain ? Vraisemblablement, cela sera très dépendant du bassin de production dans lequel ils se situent et de la laiterie qui collectera leur lait. Ces situations très contrastées auront des répercutions sur l’évolution de la production de chaque élevage et le niveau du prix du lait.

Les produits laitiers ont de l’avenir

Gérard YOU, agroéconomiste à l’institut de l’élevage, apporte sa vision sur les marchés mondiaux des produits laitiers. Selon lui, la donne a changé : « Les marchés laitiers sont porteurs. La consommation par habitant augmente et des pays sont très demandeurs. C’est le cas des pays asiatiques. » Néanmoins ces marchés sont très volatils. La cotation de la poudre de lait a variée de 1 à 3 depuis 2005. La part des produits destinés à l’exportation dans la fabrication des laiteries expliquera de fortes disparités entre les producteurs collectés par des opérateurs différents.

Depuis 2008 on constate une très grande fluctuation de la conjoncture à laquelle sont confrontés les éleveurs laitiers. Il apparait de plus en plus important de vivre avec ces fluctuations en s’adaptant rapidement. « Il ne s’agit plus de s’affranchir des aléas mais plutôt de développer les capacités d’y faire face » (Dedieu et al., 2008).

L'instabilité est devenu la règle



La démarche Fléxi-sécurité


Accéder à l’ensemble des résultats du CASDAR Fléxi-sécurité sur le site de l’institut de l’élevage.

Les leviers de la fléxi-sécurité : consulter les fiches

La fléxi-sécurité, c’est quoi ?

Le concept de la fléxi-sécurité, présenté par Matthieu CASSEZ (Chambre d’Agriculture 25-90) et Pierre Emmanuel BELOT (Institut de l’élevage), combine deux notions essentielles dans ce nouveau contexte, la flexibilité et la sécurité. La flexibilité, c’est la capacité d’adapter le volume de lait produit en fonction de la demande. Cet ajustement peut se faire à la hausse comme à la baisse. Sur du long terme, la flexibilité dépendra d’éléments structurels : le nombre de places dans le bâtiment, la surface disponible, la main d’œuvre… Parmi ces éléments il existe forcément un facteur limitant qui permet de définir les capacités productives d’une exploitation. Sur du plus court terme, des leviers techniques permettent d’ajuster les volumes de production : La modulation des quantités de concentré, le report de certaines réformes… Mais, que cela soit sur du court ou du long terme, l’adaptation des volumes de production doit se raisonner en terme économique. Un chiffrage du projet est nécessaire, en prenant en compte les coûts engagés (augmentation de charges ou investissements) et les bénéfices attendus. C’est là, la notion de sécurité : saisir les opportunités sans compromettre la viabilité de l’exploitation.


 


MODLAIT
, un programme régional sur l’après quota. Pour en savoir plus, consulter le dépliant :

MODLAIT, une déclinaison régionale

C’est autour de ses questions que les organismes de la région (Chambres d’Agricultures et Organismes Conseil Elevage) ont uni leurs compétences pour proposer aux ateliers de production une réflexion à la fois collective et individuelle sur les volumes de production de demain. Le programme propose aux producteurs, de collectivement s’interroger sur le contexte des marchés dans lequel se situe leur laiterie. Puis, de se projeter dans l’avenir en anticipant l’évolution des volumes de production probable à l’échelle de l’atelier de fabrication. Des appuis individuels permettront dans un même temps d’analyser ce que chaque exploitation a la capacité de produire et, à quel coût. L’objectif est que chaque producteur ait pour demain un projet compatible avec les fondamentaux des filières dans lesquels il est acteur, et qui lui permette de pérenniser l’efficience économique de son système de production.


Quel volume de lait produira la Franche Comté ?

Demain, le volume de production ne sera plus limité par le système des quotas. Les lois de régulations des volumes de production seront des trois ordres : Economique d’abord, car un déséquilibre entre l’offre et la demande n’est pas durable sur n’importe quel marché. Environnemental ensuite, car un territoire possède des limites naturelles à l’augmentation de la production. Les dépasser aura pour conséquence une dégradation du milieu. Et sociétal enfin, car pour produire du lait demain, il faudra des producteurs laitiers. Si les contraintes du métier d’éleveur sont trop fortes pour attirer les jeunes, le dynamisme de la production laitière s’en ressentira.

En conclusion, Jean-Jacques BRET, ancien directeur du CIGC, remarque que le métier d’éleveur se complexifie. Il doit désormais intégrer une forme de Fléxi-sécurité qui combine souplesse et robustesse. Mais aucun doute, « la Franche Comté relèvera le défi de l’après quota car sa force c’est de savoir s’adapter tout en conservant ses fondamentaux »

Nicolas GAUDILLIERE

Encadrement Conseil Elevage 25-90

 



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