Le parage, c’est le pied !

Une boiterie sur une vache engendre une perte économique de 200€. D’où l’importance de réaliser au moins un parage par an. « Depuis que je pare mes vaches, je n’en ai jamais eu une qui traîne lorsque je les rentre », confie Alain Jeunot.

A quel moment de l’année le parage est-il le plus opportun ?

Le parage est à réaliser à l’automne, le plus tôt possible pour ceux qui pâturent loin afin d’éviter les graviers qui remontent dans le pied. Il peut aussi être fait au printemps, avant la sortie des vaches ou une fois la transition alimentaire bien terminée. Il vaut mieux éviter de parer aux périodes de transitions alimentaires.

Carte de visite :

Alexandre Jeannerod
pareur depuis 1999
8 000 vaches parées sur le plateau du doubs (60 à 80 par jour en hiver) 

Alain Jeunot
Éleveur à Avoudrey

Quels type de pathologie rencontrez-vous le plus souvent ? Quelles en sont les causes possibles ?

Les problèmes de pied peuvent provenir de différentes causes : le manque de places en logettes, le déséquilibre de la ration, les km parcourus avec les vaches pour pâturer sont autant de facteurs susceptibles d’amener des problèmes de boiteries. Les pathologies varient aussi en fonction des années, des pratiques des éleveurs, des systèmes (pâturage ou non). Les problèmes issus de l’alimentation représentent 60% des boiteries.
Le fourchet provient de bactéries dans le milieu. Celles-ci provoquent un gonflement à l’arrière du pied. Le pied se trouve comprimé et peut engendrer des cerises. Il existe des produits pour ensemencer les litières avec des « bonnes bactéries » qui prennent le pas sur les bactéries du fourchet. Alain Jeunot traite 2 fois par semaine en février contre le fourchet. 

Les cerises et la fourbure proviennent de problèmes d’alimentation. La fourbure apparaît sous forme de rougeurs sous le pied. C’est un des signes de l’acidose. L’azote en excès comme en manque peut faire apparaitre des fourbures. Les génisses vêlées sont plus touchées car elles sont plus « stressées ». Il en va de même pour les vaches hautes productrices, plus fragiles.
Le parasitisme peut aussi être une cause de boiterie. Les troupeaux infestés de paramphistome, douve… présentent beaucoup de problèmes de pied.

Exemple de fourchet

Est-ce que les types de logements influencent les boiteries ?

Les systèmes tout caillebotis n’amènent pas forcément plus de boiteries, si les autres paramètres sont maitrisés : alimentation, places disponibles. Les rainurages des sols sont des moyens d'éviter aux vaches de glisser mais « stressent » le pied. Une vache non stressée aura moins de problèmes de pied.
On peut quand même noter quelques différences de texture de pied selon les systèmes : en entravée, les vaches ont la corne plus dure. Lorsqu’il y a un manque de place, les risques de boiteries sont élevés. Les élevages en aires paillées, plus reposantes pour les vaches, ont donc moins de problèmes. On y rencontre toutefois plus souvent les pieds avec des cornes trop molles, ce qui peut être limité par un apport en Cuivre et en Zinc. Les vaches qui sont conduites en zéro paturage vont développer plus de maladies de peau : dermatite, mortarello…. 

Quel est la pathologie la plus courante cette année ?

Cette année, il y a moins de soucis. Cela est essentiellement dû au fait que le regain est moins fort que les autres années.

Les origines de boiteries étant aussi variées que les pathologies de pied, il est important que des liens existent entre les résultats du contrôle laitier, les vétérinaires et le pareur afin de remonter à la source du problème, et d’en limiter l’impact. 

Les conseillères de l'équipe d'Avoudrey



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