Le sursemis

Le sursemis est une technique exigeante à mettre en place et surtout très aléatoire dans sa réussite. Cette pratique vise à renforcer ou à compléter la flore d’une prairie sans détruire celle déjà en place, l’objectif étant une gestion prairiale permettant à la nouvelle végétation implantée de prendre le dessus sur l’ancienne.

Cette technique est surtout envisageable dans quelques cas très précis :

  • Si des mesures agroenvironnementales   limitent   le retournement des prairies.
  • Si on ne peut pas se passer de cette parcelle se trouvant dans une position stratégique pour l’exploitation.
  • Si une grande partie de la surface est déjà nue du fait d’accidents climatiques ou de mauvaises pratiques (piétinement, surpâturage, …)
  • Si l’on constate une baisse de la productivité due à l’apparition de mauvaises variétés adventices.

On peut envisager le sursemis à deux périodes de l’année :

  • En fin d’hiver, si l’on constate des dégâts dus au gel ou au gibier (mulots, sangliers, blaireaux). Il faut la mettre en place le plus tôt possible, avant le démarrage de la végétation ou après une exploitation très précoce , si les conditions pédoclimatiques le permettent.
  • En automne, car il y a moins de concurrence par la flore en place et la terre étant encore chaude, la levée est plus rapide.

Quelle que soit la période de rénovation prairiale, il existe des outils d’aide à la décision, tels que celui-ci :Dicotylédones


 Source : Barenburg

 

Pour réussir l’implantation des jeunes plants et leur permettre l’accès à la lumière, quelques règles sont à respecter pour optimiser la réussite du sursemis

  • Respecter les conditions d’implantation des espèces prairiales.
  • Agrandir les vides dans la végétation par un griffage ou un hersage dynamique pour détruire les adventices envahissantes.
  • Travailler sur une végétation rasée par un surpâturage, ou un broyage.
  • Semer à environ 1centimètre de profondeur dans une terre ameublie en surface, ou, en cas de semis direct, utiliser les disques du semoir. Il faut surtout éviter de semer dans le feutrage ou mulch de surface pour permettre le bon enracinement des jeunes plantules
  • Si l’option choisie pour le sursemis est la période automnale, il faut   envisager un désherbage sélectif permettant la création de nouveaux vides à    combler dans la végétation.
  • Afin de permettre l’implantation et le développement des plantules, il faudra maintenir une végétation rase par broyage, pâturage ou autre technique.
  • Rouler après le semis ou recouvrir les graines par tout autre système.
  • A la levée, surveiller l’apparition des limaces, et il est conseillé d’apporter 50 unités de P2O5 ou de K2O sous forme soluble, mais il faut proscrire tout apport d’azote susceptible de relancer la croissance de l’ancienne végétation.

Pour le choix des espèces, il vaut mieux éviter le semis de légumineuses après le mois d’août, car les premières gelées risquent de pénaliser leur développement.

Il faut viser un objectif de 3 feuilles vraies pour le trèfle blanc et 4-5 feuilles pour les graminées. Il faut aussi utiliser des espèces agressives à vitesse d’implantation rapide pour concurrencer le couvert déjà en place.

En ce qui concerne le matériel, on trouve un large choix d’outils pour toutes techniques sur le marché :

  • Semoir à céréales, avec sabots relevés pour un passage après un hersage dynamique.
  • Microgranulateur centrifuge monté sur un châssis de herses.
  • Matériel spécialisé de semis direct, à disques, à sabots, ou à patins pour des semis en ligne ou semant à la volée, mais nécessitant le passage d’une herse étrille combinée pour couvrir la semence.

Les résultats de sursemis opérés cet automne sur prairies permanentes et derrière céréales à paille avec une exploitation automnale pourront être analysés ce printemps !

Patrick NUNINGER - Equipe de Tarcenay

















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