Les dérobées : une culture fourragère à part entière

Voici 16 ans depuis son installation que David implante des cultures dérobées. Ses objectifs principaux sont de diminuer la surface d'ensilage de maïs, de diversifier les aliments de la ration de base et de diminuer la surface fourragère principale.

Une production fourragère notable

Au départ, David semait 25 ha d'intercultures, principalement un mélange Ray Grass Italien (RGI) / trèfle incarnat.  L'implantation a lieu après la moisson pour une petite récolte à l'automne (1,5 à 2 T de matière sèche par hectare) et un rendement plus important au printemps d'environ 4 à 5 T de matière sèche /ha. Ces rendements sont fluctuants et dépendent des conditions d'implantation et de la météo estivale.

Que coûtent les semences de couverts végétaux ?

Protafirst : 30 kg/ha à 4euros /kg =120 €/ha

Avoine-Vesce-Trèfle incarnat : 25 kg/ha à 4 €/kg =100 €/ha

Moha-Trèfle d' Alexandrie : 25kg/ha à 3 €/kg=75 €/ha

Pour cette année 2014 et en concertation avec son technicien végétal et son conseiller d'élevage, David va implanter, selon les précédents et suivants culturaux :

  • 25 ha de mélange RGI/Trèfle incarnat derrière 15ha de triticale et 10ha de blé.

  • 13 ha de mélange Avoine brésilienne/Vesces/Trèfle incarnat après du colza et avant un blé.

  • 20 ha de mélange Moha (56%) Trèfle d'Alexandrie  (44%) derrière du blé et avant du triticale.

Ces 58 hectares seront récoltés en enrubanné.

Un itinéraire technique simple et économe

Soucieux d'améliorer ses marges, David limite les coûts de production. Aucun traitement n'est effectué et la fertilisation se limite à 25-30 m3 de lisier par hectare. Il est épandu avec une tonne de 18 m3, avec une rampe de 16 mètres équipée de pendillards. Les pendillards permettent de déposer le lisier entre les rangs, ce qui limite les phénomènes de brûlures des feuilles, la perte d'azote par volatilisation et les odeurs.

Suivant les conditions, le lisier est épandu après semis ou en cours de végétation. Les coûts de production se limitent donc aux coûts d’implantation.
Derrière une céréale ou un colza, un désherbage peut éventuellement être réalisé si la parcelle est vraiment sale car le Moha ne supporte pas la concurrence. L’implantation se réalise en semis direct, le plus rapidement possible après la moisson.

La SCEA Gounand en quelques chiffres

1 exploitant: David Gounand et 3 salariés

1 222 000 litres de quotas

135 vaches laitières en zéro pâturage

Deux sites distant de 10 km : 60 VL en robot à Roset fluans et 75 VL en salle de traite à Corcondray .

A l'automne toutes les vaches seront traites à Roset dans un robot Delaval deux stalles.

288 hectares de SAU dont :

  • 58 de prairies temporaires
  • 84 ha de maïs (35 ha ensilés)
  • 41 ha de soja
  • 92 ha de blé et de triticale
  • 13 ha de colza

David est également gérant d'une entreprise de travaux agricoles : Épandage de lisier, semis et traitements par automoteur.

Un intérêt agronomique

Seul le mélange RGI/Trèfle incarnat passera l'hiver et permettra une deuxième coupe au printemps, avant les semis de maïs ou de soja. Les autres espèces sont gélives et David ne cherche pas à faire un apport de biomasse grâce à ces couverts. La matière organique est déjà apportée par 50 T/ha de compost de déchets verts issus des déchetteries locales.

David constate une diminution des besoins en azote minéral d'environ 40 U/ha sur la culture succédant à la dérobée. Ces économies d'azote et la valorisation du couvert végétal pour l'alimentation des animaux, concourent à s'intéresser de plus en plus à ces cultures dérobées qui méritent plus le nom d'intercultures.

Nous verrons cette automne, puis au printemps 2015, après récoltes et analyses quelles auront été les valeurs alimentaires des ces cultures intermédiaires. Affaire à suivre…

L’équipe de Tarcenay



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