"Nous sommes fier de travailler en bio"

Le GAEC Monnot (Roche les Blamont) nous parle de leur passage en agriculture biologique, suite à la crise laitière de 2009. L’équipe de conseillers de l’Isle sur le Doubs a recueilli leur témoignage.

Pourquoi passer en bio ?

Suite à la crise laitière de 2009, les éleveurs ont cherché un moyen de surmonter la perte économique due à un prix du lait faible. Ils ont étudié plusieurs possibilités. L’une d’entre elles était de produire du lait à Comté, mais aucune laiterie ne disposait de plaques vertes. Ils envisagèrent alors la filière bio.  Les deux associés sont plutôt prompts au changement et à la remise en question. L’exemple de leur voisin, en bio depuis plusieurs années, les a décidé à sauter le pas.

Le GAEC Monnot en quelques chiffres

  • 2 associés + 1 à 2 apprenti(s)
  • SAU : 186 ha (70ha de SCOP dont 10ha de maïs)
  • 70 vaches laitières
  • Référence : 400 000 l
  • Bœufs et génisses viande
  • Vente directe : 1 génisse/mois
  • EBE : 123 312 € en moyenne depuis de passage en bio (de 2010 à 2015). L'EBE avant passage en bio était de 81 131 € en moyenne (sur 2007-2008).

Quel impact sur les ateliers ?

Le passage en agriculture biologique a eu pour conséquence l’arrêt de la production de taurillons. Celle-ci ne rentrait pas dans le cahier des charges où le pâturage est obligatoire. Elle a donc été remplacée par la production de bœufs et de génisses viande.

Les primes vaches allaitantes ont été transformées en quota supplémentaire (+ 120 000 l en 2011). Concernant la production laitière, le troupeau est passé d’un niveau de 7200 Kg à 6000 Kg de lait. En parallèle, l’effectif a augmenté pour passer de 50 à 70 vaches laitières.

Retrouver ses repères

Les éleveurs ont entamé la conversion très rapidement, sans étude préalable. Ils se sont lancés sans bien connaître ce nouveau système : il a alors fallu se former et trouver des repères. Les recherches Internet sont devenues indispensables et le sont encore aujourd’hui.  Les 2 associés se sont ainsi énormément renseignés par eux-mêmes. Par la suite, ils se sont rapprochés d’un groupement d’agriculture biologique (GAB) dont Didier Monnot a été le trésorier. Cela leur a permis de participer à des groupes d’éleveurs. Ils travaillent aussi avec Interbio, Conseil Elevage 25-90 et la Chambre d’Agriculture 25-90 afin de toujours progresser dans leur système. 

Un projet de sécurisation du système fourrager sur des sols légers

Suite à une année de sécheresse en 2015 et à la diminution des stocks fourragers, les membres du GAEC se sont posé la question de la sécurisation de ces stocks sur l'exploitation. Leur objectif était également la recherche de plus d’autonomie sur la ferme. Les éleveurs ont réalisé un Agrilean afin de dégager des pistes d’amélioration.

Une de ces pistes est l’implantation de luzerne ou d’un mélange à dominante luzerne, pour sécuriser la production estivale des prairies sur les sols séchants. Un 2ème point concerne l’amélioration de la qualité des ensilages d’herbe, en continuant la culture de mélanges suisses adaptés. Cela permettrait de diminuer la part de maïs ensilage dans la ration de base. Il est aussi projeté de renforcer la surface pâturable en augmentant la surface accessible autour du bâtiment, pour gagner en autonomie l’été. La production de méteils plus protéinés (à base de féverole, pois, vesces) est aussi envisagée pour sécuriser encore les ressources protéiques. Enfin, les surfaces en céréales se limiteront à 30-40 ha, dans le but de réduire les temps de travaux. 

Le mot de la fin

Pour Didier Monnot, l’avenir est dans l’agriculture biologique. Il est fier de produire en quasi-autonomie, sans apporter de produits de synthèse. La vente directe l’a sensibilisé aux souhaits des consommateurs et il entend bien les respecter. Il y a un bel avenir dans la transformation et la commercialisation des produits selon lui.

Les éleveurs ne regrettent pas cette conversion qui leur apporte une satisfaction économique. L’agriculture biologique leur permet également de conserver plusieurs systèmes, un point important pour eux.


L'équipe de l'Isle sur le Doubs











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