Produire des fourrages de qualité pour réduire son coût alimentaire

Dans le cadre de la journée des éleveurs de l’équipe de l’Isle-sur-le-Doubs, Didier Deleau (Arvalis Institut du végétal) est intervenu vendredi 29 janvier à Vauthiermont sur le thème « Réussir sa ration de base ».

Des fourrages de qualité pour pouvoir réduire les concentrés

L’intervenant reprend une citation de Luc DELABY (INRA) : « les vaches mangent le concentré qu’elles veulent et le fourrage qu’elles peuvent ». D’où l’intérêt de produire un fourrage de qualité qui couvre mieux les besoins et permet de réduire la part de concentrés dans la ration. La valeur alimentaire d’un fourrage dépend de ses valeurs énergétiques et azotées, ainsi que de son ingestion. Ces critères dépendent avant tout de la valeur du fourrage vert avant récolte. Ils déterminent la digestibilité du fourrage, qui est maximale au stade feuillu pour les légumineuses et les graminées,  globalement stable dans le temps pour le maïs. L’ingestion, elle, est proportionnelle au temps de séjour dans le rumen et augmente avec la teneur en matière sèche du fourrage.

Quand récolter ses fourrages ?

La valeur énergétique diminue avec l’âge de la plante, au fur et à mesure que la teneur en parois augmente. On perd 0,1 UF par tranche de 10 jours de retard après le stade « début épiaison ». Cela est visible sur les schémas suivants :

Pour les graminées :

Pour les légumineuses :

Source : http://www.afpf-asso.fr/files/fichiers/Recolte_conservation_herbe.pdf

Pour le maïs :

Il faut viser les 32-33% de MS plante entière (répartition par tiers des 3 amidons dans le grain). On peut enlever 1pt de MS si l’appareil végétal est bien vert et ajouter 1pt s’il est peu développé.

Comment les conserver ?

Réussir son ensilage :

Pour cela, mieux vaut faucher précocement et à bonne hauteur (pas trop près du sol pour ne pas ramener de terre). Le silo doit être rempli rapidement et fermé hermétiquement. A la question d’un éleveur, Didier Deleau, estime qu’il n’y pas de risque à « trop tasser » : l’objectif du tassage étant d’éliminer un maximum d’oxygène du tas pour favoriser au plus tôt le démarrage des bonnes fermentations. L’ensileuse doit également être bien réglée : grains touchés en-dessous de 28% de MS, cassés entre 28 et 32% de MS, éclatés au-delà 32% de MS. L’avancement à respecter est de 10cm/j minimum en hiver et 20cm/j minimum en été. Des conservateurs peuvent être utilisés : ils sont à choisir en fonction du type de fourrage et des conditions de récolte.

Réussir son enrubannage

Le séchage doit durer 2j au minimum, pour atteindre 50% de MS environ. Au pressage, l’objectif est d’obtenir des balles de 200kg de MS/m3. L’enrubannage doit être fait le plus rapidement possible après le pressage. Pour obtenir des balles régulières, il est conseillé d’utiliser un liage filet plutôt que ficelle, et 4 couches minimum de film.

Réussir son foin

Le séchage vise à passer de 15 à 85% de MS. Cela fait appel à l’énergie solaire, à l’air sec, et à la circulation de l’air. Pour faciliter l’évaporation via ces phénomènes, il est conseillé de faucher le matin (surtout pour les légumineuses), dès qu’il n’y a plus de rosée et pas trop près du sol (6-8cm). Il faut également former des andains assez larges derrière la faucheuse, ou étaler au maximum le fourrage juste après la fauche. Il est important de conserver des feuilles, qui sont beaucoup plus riches en UF et en MAT que les tiges. Il faut presser dès que le foin est sec, de préférence en milieu/fin de matinée ou tard le soir, et ne pas trop tasser. Des andains de nuit n’améliorent pas la qualité du fourrage d’après Didier DELEAU. Bien au contraire car cela multiplie les passages et engendre donc une perte de feuilles supplémentaire.

Louise CREPEAU
Encadrement



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