Quelle composition de vos aliments concentrés pour cet hiver ?

Conseil Elevage 25-90 a mené une enquête sur la composition des aliments concentrés en hiver dans 81 élevages en ration foin-regain. L’objectif de cette étude était de mesurer l’impact de la composition en matières premières des concentrés, sur la composition du lait et les performances des animaux. 

De quoi se composent les concentrés ?

Du côté des sources d’énergie, nous retrouvons naturellement une proportion relativement importante de céréales dans les aliments concentrés. La plus fréquente, l’orge, représente en moyenne 40 % des matières premières énergétiques. Toutefois, dans certains élevages une part importante de l’énergie est aussi apportée sous forme de coproduits tels que le gluten feed de blé, les pulpes de betteraves, les drêches de blé ou de maïs, le son de blé. Nous avons ainsi pu différencier 3 groupes d’élevages selon la composition de leurs concentrés en matières premières énergétiques : dans les deux premiers groupes, les céréales représentent en moyenne 90 % des matières premières énergétiques avec une part importante d’orge (groupe amidon rapide) ou de maïs (groupe amidon lent). Dans le troisième groupe (groupe coproduits), les céréales ne représentent plus que 61 % des matières premières énergétiques et sont associés à des coproduits.  

De meilleurs résultats techniques dans les élevages où l'énergie est principalement apportée par des céréales 


Privilégiez les céréales !

Nous avons ensuite analysé les performances des troupeaux dans ces différents groupes.  Les résultats sont sans appel : Pour une densité énergétique des concentrés annoncée (UFL) identique dans les trois groupes, les élevages qui utilisent le moins de céréales  (groupe Coproduits) produisent, en moyenne, 2 kg de lait/VL en moins,  et  1 g de TP/kg de lait en moins. Economiquement, le manque à gagner est important. Ces conclusions appellent à la prudence lors du choix de vos aliments : si vous travaillez avec des formules du commerce, renseignez-vous sur leur composition. Il n’y a pas que le prix qui compte ! En ration foin/regain, la ration de base est très pauvre en amidon. N’hésitez donc pas à investir un peu pour apporter de l’énergie sous forme d’amidon contenu dans les céréales. Certains coproduits pauvres en énergie sont parfois associés à des matières grasses. Or, la valorisation de l’énergie contenue dans ces matières grasses par les ruminants pose question. Vous risquez donc d’être déçus par des formules "meilleur marché" contenant moins de céréales. 

Des résultats très proches quelque soit le type de matières premières azotées apportées

Peu de différence en fonction de la source de protéine majoritaire

Du côté des sources de protéines, nous avons pu différencier 4 types de complémentations en fonction de la source de protéine la plus importante : tourteau de soja, tourteau de colza, luzerne déshydratée, ou tourteau de tournesol. Ces quatre groupes ont conduit à des performances (lait et taux) très semblables. Ces résultats confirment donc qu’en matière de correcteur azoté, vous pouvez être opportunistes. Il n’existe aujourd’hui aucune contre-indication zootechnique à l’utilisation de tourteau de colza. Des essais en stations expérimentales, sur des rations à base d’ensilage de maïs ou de foin-regain l’ont déjà prouvé : les performances des animaux ne sont pas dégradées, voire s’améliorent (plus de TP par exemple), lorsqu’on substitue du tourteau de soja par du tourteau de colza.

Nicolas GAUDILLIERE

Encadrement – recherche et développement

Peu d’impact sur la composition de la protéine

Dans nos filières fromagères, la composition de la protéine revêt un enjeu particulier. Elle impacte le rendement fromager et la qualité des fromages. Au cours de cette étude nous nous sommes intéressés à la composition de la protéine du lait et notamment la part de caséine dans la matière protéique totale. Ni la quantité de concentrés, ni leur composition en matières premières n’ont influencé la part de caséine dans le TP. Ce résultat semble confirmer que l’alimentation a globalement peu d’impact sur la composition de la protéine du lait de vache. Elle dépendrait beaucoup plus du patrimoine génétique des animaux. Il nous reste cependant à évaluer l’effet de l’alimentation sur la fromageabilité du lait. Cette dernière notion est plus complexe que la seule composition en protéines et fait également intervenir d’autres constituants du lait comme les minéraux.



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