Une gestion originale du pâturage

Nicolas PICHOT a accueilli l’équipe du Russey sur son exploitation le 20 mai dernier. Objectif de la visite : le pâturage. L’éleveur nous explique sa manière de gérer l’herbe : une valorisation optimale pour un coût concentré minimal !

Une organisation raisonnée au jour le jour

L’éleveur a pris en compte la gestion de son prédécesseur, et a utilisé son savoir-faire pour optimiser sa maîtrise du pâturage. Plusieurs facteurs sont pris en compte : la météo, l’exposition des parcelles, la portance du sol, la pousse de l’herbe… Le pâturage est conduit au jour le jour : il ne sait pas où seront les vaches dans 3 jours, cela dépendra de ces facteurs auxquels il est très attentif.

Au printemps, il effectue un déprimage sur 11 ha pendant 4 à 5 jours maximum. Il met ensuite à disposition de ses vaches laitières 6 paddocks de 2 ha maximum. Chacun est pourvu d’un point d’eau et d’un chemin d’accès en dur. Nicolas réalise du pâturage tournant ou du pâturage au fil (sans fil arrière). Il apprécie notamment le pâturage tournant, du fait d’une meilleure répartition des bouses sur la parcelle selon lui.

Au premier passage des VL, celles-ci pâturent assez bas (4- 5 cm) pour un bon nettoyage de la parcelle, tout en faisant du lait. Pour lui, cette pratique améliore la qualité de la flore. Avec une telle facilité d’adaptation aux divers aléas, l’éleveur a tout de même une règle de décision à laquelle il se tient : le changement de parcelle s’effectue lorsque la quantité de lait baisse de 10% au tank.

Une valorisation de l’herbe très efficace :

Nicolas a valorisé sa ration d’herbe à 24 kg au mois de mai, avec une VL 18 du commerce. Il ne donne que 62 g de concentré par kg de lait, ce qui représente 17 € pour 1000kg de lait. L’éleveur fait toujours très attention à son coût de concentrés, qu’il connait par cœur. Il ne donne des seaux à lécher qu’au printemps,  pour les vaches et les génisses en fin de gestation. De plus, il ne fauche les refus qu’une fois par an maximum.

Il a aussi une gestion économe de la fertilisation. Il n’utilise pas d’engrais au printemps, de peur de se faire dépasser par l’herbe. En revanche, il se sert de tous ses engrais de ferme : il met du fumier sur les pâtures à l’automne tous les 2 ans, et met du purin l’été sur les pâtures des vaches laitières. Pour lui cette pratique améliore l’appétence de la repousse. En moyenne, il n’achète que 3 tonnes d’engrais par an, pour toute l’exploitation !

Un déparasitage bien suivi.

L’éleveur effectue tous les ans une coprologie sur les vaches, à l’automne. Il détecte ainsi les paramphistomes et les strongles. Les vaches sont traitées en pour-on, contre les parasites gastro-intestinaux et les strongles. En ce qui concerne les génisses, elles reçoivent un bolus à diffusion longue, pour leur première mise à l’herbe. Les années suivantes, elles sont déparasitées au printemps et à l’automne, contre les nématodes gastro-intestinaux et respiratoires.

Les conseillers de l'équipe du RUSSEY

Nicolas PICHOT : quelques infos sur son exploitation

- 1 UTH (installé en 2003)
- 60 UGB - 32 VL
- 200 000 l de lait - 73 ha
- 23 ha accessibles
-Altitude : 800 m

Un accès pratique au pâturage.

Depuis un an, l’éleveur a investi dans un système de dalles à structure alvéolaire, en polyéthylène basse densité. Ces dalles s’emboitent comme un puzzle, pour former un chemin. Elles ont été choisies du fait de la pente importante (15%), pour empêcher les animaux de glisser. Les dalles ont été installées sur de la tuile concassée et du sable, le tout bien tassé au tracteur. C’est un investissement de 683€ pour une longueur de 19,5 m et une largeur de 2m : 30 dalles à 17,5€/m². Ceci a permis un accès plus direct au pâturage, évitant ainsi aux vaches de faire un détour. 
Chemin d'accès au pâturage construit l'année dernière



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