Vêlages tardifs : gare à l’acétonémie !

Une génisse Montbéliarde qui vêle à plus de 36 mois a statistiquement 1,5 fois plus de risque d’être concernée par la cétose au cours de sa première lactation par rapport à une génisse qui vêle entre 30 et 32 mois.

Maîtriser la note d’état corporel au vêlage

Le lien entre l’âge au premier vêlage et le risque d’acétonémie en début de lactation est statistiquement très significatif. Sur le terrain, on constate que les primipares qui vêlent à plus de 36 mois ont fréquemment des notes d’état corporel trop élevées au vêlage. Leur âge au premier vêlage ne résulte pas toujours d’une stratégie des éleveurs mais d’une fécondation trop tardive liée à des troubles de la reproduction. Dans ce cas, la conduite alimentaire n’est pas toujours adaptée à un vêlage tardif. Or, l’excès d’engraissement est un facteur de risque connu de la cétose chez la vache laitière : les animaux qui présentent un engraissement excessif mobilisent plus de réserves corporelles. Leur appétit en début de lactation est limité et leur production laitière est généralement plus élevée.

Mesurez (ou pesez) vos génisses !

Ces résultats confirment encore une fois l’intérêt du suivi du développement des génisses. Il est essentiel d’inséminer les génisses dès qu’elles atteignent un développement suffisant : autour de 175 cm de tour de poitrine pour un vêlage entre 24 et 27 mois et autour de 180 cm pour une vêlage plus tardif. Les références en race montbéliardes ont été actualisées dans une étude menée sous l’égide de Montbéliarde Association (ex OS Montbéliarde) en 2013. Vous pouvez les retrouvez sur notre site en cliquant sur le lien ici.

Les autres facteurs de risques de l’acétonémie

L’étude conduite au sein de la plateforme MO3 a permis d’identifier d’autres facteurs qui influencent le risque d’acétonémie en début de lactation. Il augmente avec le rang de lactation des animaux, ce qui confirme des résultats déjà publiés. Nous avons également mis en évidence un impact important de la saison de vêlage qui peut s’expliquer par des variations dans la disponibilité et la qualité des ressources fourragères. Il semble également y avoir une prévalence moins élevée de l’acétonémie dans les systèmes foin/regain, en comparaison avec les systèmes "ensilage".

Au-delà de ces facteurs de risques, il existe une forte variabilité de la prévalence de l’acétonémie dans les élevages. Cela confirme qu’il est possible de réduire l’impact de l’acétonémie en travaillant sur les pratiques d’alimentation, notamment autour de la période du tarissement.

 Nicolas GAUDILLIERE
Responsable du pôle R&D
Conseil Elevage 25-90

Le risque d'acétonémie augmente significativement avec l'âge au premier vêlage



Contexte de l’étude 

Ces résultats ont été obtenus dans le cadre d’une étude réalisée par MO3 SAS* avec Umotest et les organismes de Conseil Elevage du Doubs et Territoire de Belfort, de Haute Saône et de la zone FIDOCL. Ce travail avait pour objectif d’étudier la prévalence et les principaux facteurs de risque de l’acétonémie en race Montbéliarde. Elle s’est basée sur les indicateurs produits par les Entreprise de Conseil Elevage permettant d’évaluer le risque d'actéonémie en début de lactation à partir des analyses de lait. Dans les départements du Doubs, Territoire de Belfort et Haute-Saône, cet indicateur est diffusé sous le nom NRJ’MIR.

*MO3 SAS : plateforme d’innovation dédiée à la R&D mutualisée et transverse pour l’élevage laitier en race Montbéliarde. Les partenaires de MO3 sont : UMOTEST, HSCEL, CEL 25-90, les ECEL de la zone FIDOCL et les GDS 25, 70 et 90.

Quelques chiffres clés sur NRJ’MIR à l’échelle de Conseil Elevage 25-90 :

  • Selon la période, entre 10 et 25% des analyses conduisent à la prédiction d’un risque de cétose ou de fort déficit énergétique
  • 37 % des vaches sont alertées au moins une fois en début de lactation
  • De 1 à 5 kg de lait en moins pour les vaches alertées
  • En moyenne, 4 points de réussite à la première IA en moins pour les vaches en acétonémie sévère par rapport au vaches saines
  • 400 € de pertes en moyenne par animal concerné par la cétose
  • Coût du service NRJ’MIR : environ 2 € par vache et par an 

Pour plus de résultats, cliquez sur le lien suivant : Synthèse des résultats NRJ'MIR 2016-2017.



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