Zoom sous le plancher des vaches !

Un sol bien équilibré est indispensable pour assurer une prairie de qualité. Le sol permet aux plantes de puiser les nutriments nécessaires à leur croissance.  En d’autres termes, le sol nourrit les plantes, qui nourrissent les vaches de nos régions. Tout est lié. Comment estimer la qualité d’un sol ? Christian Barneoud, spécialiste de la pédologie de nos régions, a apporté des éléments de réponse aux conseillers de conseil élevage 25-90.

Qu’est-ce qu’un sol en « bonne santé » ?

Un sol en bonne santé est avant tout un sol « équilibré » entre son état structurel, organique et calcique (déterminé par son pH). Par exemple, un sol trop acide, perturbe l’alimentation minérale des plantes et la structure du sol. C’est également un environnement qui favorise l’apparition d’adventices qui détériorent la qualité de nos prairies. « Quel est le pH idéal d’un sol de prairie de nos régions ? » Question pertinente d’un conseiller posée à Christian Barneoud. Selon lui,  « la gamme de pH idéal d’un sol de prairie se situe autour de 6-6.5 »

Les vers sont les laboureurs du sol. Celui-ci a été aperçu dans les prairies du GAEC Montigny. 

Le rôle des vers de terre

Les vers de terre font partie de la famille des « Annélides ». Annélides, comme les anneaux qui articulent ces organismes invertébrés.  Il existe trois familles de ver de Terre : les épigés, qui vivent plutôt en surface et qui sont reconnaissables par leur couleur rouge vif, les endogés qui vivent dans le sol et qui ne remontent que rarement à la surface de couleur très claire et les anectiques qui migrent à travers le profil du sol (couleur plus variable). Leurs points communs ? Ils digèrent la matière organique du sol et parsèment le sol de leurs déjections. Ils forment également des réseaux de galeries sous le sol. Ils jouent ainsi un rôle indispensable dans l’état structurel d’un sol.  Christian Barneoud précise qu’une prairie en bonne santé, contient entre 75 et 150 vers de terre par m² !

Diagnostic de la qualité d’un sol : mise en pratique

La deuxième partie des journées se sont déroulées dans les prairies du GAEC Montigny à la Chaux et du GAEC du Caron à Osse. Pour analyser la qualité des sols, il faut tout d’abord s’armer d’une bonne bêche et d’un peu d’huile de coude, pour permettre de ressortir une motte de terre assez grosse. 

Première étape du diagnostic de la qualité d’un sol : l’extraction d’une belle motte de terre !

Il faut ensuite se poser les bonnes questions: la structure du sol permet-elle aux racines de s’enfoncer profondément ? Les mottes de terre sont-elles très compactes ou plutôt facilement dissociables ? Y a-t-il des galeries de vers de terre ? Toutes ces questions doivent également se poser en tenant compte de la topographie et la géologie de la parcelle. Des solutions existent pour améliorer la qualité du sol mais cela ne suffira probablement pas pour changer fondamentalement un sol qui s’est formé pendant des millions d’années ! C'est la succession de bonnes pratiques au fil des années qui permet d'améliorer la structure des sols. 

Il existe des indicateurs simples pour essayer de percevoir la qualité d’un sol : la structure du sol et la profondeur d’enracinement des plantes, le nombre de vers de terre. Ces indicateurs seront à compléter avec une analyse chimique du sol qui renseignera notamment son pH. Elle pourra être complétée par une analyse foliaire qui donne des informations sur les éléments que la plante a à sa disposition


Valérie WOLF
Encadrement  

Le diagnostic de la qualité d’un sol en pratique avec Christian Barneoud. 



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